PLÉNIÈRE 2 : Plaies persistantes

PLÉNIÈRE
mercredi 25 mai 2022 - 08h30 - 09h30 - Amphithéâtre Bleu - Niveau 2
Modérateur-animateur : Sylvie Meaume, Isabelle Fromantin
Orateur : Julie Malloizel-Delaunay, Sylvie Meaume, Eric Senneville, Isabelle Fromantin
Défauts d'évaluation
Julie Malloizel-Delaunay (Toulouse)

Les connaissances médicales sur la gestion des plaies chronique s’est fortement améliorées ces dernières années. Malgré cela, les ulcères qui ne guérissent pas restent encore trop fréquent, associés à une importante dégradation de la qualité de vie. De nombreux facteurs peuvent interférer avec la cicatrisation des plaies, y compris l'état de santé globale du patient.

L'environnement de la plaie (par exemple, la présence d’une neuropathie, d’une ischémie ou d’une infection) mais également l’environnement du patient (adhésion au traitement, soins d’hygiène, stimulation à la marche, alimentation ,…) peuvent influencer de manière significative la cicatrisation.

Les professionnels doivent être conscients de la nécessité d’une approche multifactorielle pour parvenir à détecter précocement les facteurs étiologique et de retard de cicatrisation et intervenir en conséquence. Un défaut d’évaluation de la plaie est peut-être à l’origine de la persistance de la plaie car il existe une interaction complexe de facteurs qui incluent à la fois des éléments physiologiques, sociaux et psychologiques. Pour cela, le bilan étiologique doit toujours être exhaustif et régulièrement renouveler.

Évaluer les comorbidités
Sylvie Meaume (Paris)

Le diagnostic des plaies repose toujours sur un interrogatoire et un examen clinique soigneux du patient et de sa plaie. L’étiologie des plaies en particulier chroniques n’est pas toujours uni factorielle et il faut toujours rechercher des facteurs pouvant participer à la cause de la plaie mais aussi constituer des facteurs de retard de cicatrisation.

Ces facteurs qu’ils soient : médicamenteux, nutritionnels, vasculaire infectieux, métabolique (insuffisance rénale, obésité), psychiatrique… doivent être traité et pris en charge par des équipes pluridisciplinaires et multi professionnelles sous la coordination d’un médecin généraliste, spécialiste ou expert en cicatrisation responsable de la prise en charge du patient.

Sans la recherche et la prise en compte de ces comorbidités un certain nombre de traitements généraux ou locaux des plaies chroniques, resteront inefficaces et désespéreront patients et équipes soignantes.

L’approche par « checklist » est recommandée et devrait permettre de ne pas passer à côté d’une comorbidité accessible à un traitement. Hélas elles restent encore non disponibles pour toutes les plaies et insuffisamment enseignées et utilisées.

Rôle de l'infection locale
Eric Senneville (Tourcoing)

La chronicité de la plaie favorise l’infection locale (voire secondairement systémique) qui participe à son tour à la pérennisation de la plaie. L’infection n’est pas le seul facteur de chronicisation de la plaie mais en est une cause qui peut être prévenue et traitée une fois diagnostiquée.

La microbiologie des plaies persistantes est généralement polymicrobienne, comprenant des  microorganismes virulents mais également des commensaux de la flore cutanée, l’ensemble  participant à l’évolution de la plaie vers l’infection selon des processus complexes non complètement élucidés.  

La constitution de biofilms polymicrobiens entraîne au niveau de la plaie et des tissus profonds adjacents un environnement inflammatoire chronique de plus en plus souvent décrit comme une « infection chronique liée aux biofilms ». La détection précoce de ces situations (par exemple par le TILI score récemment proposé) pourrait permettre une prise en charge plus efficace bien que le meilleur traitement de ces infections ne soit toujours pas clairement établi.  La chronicité de la plaie favorise l’infection locale (voire secondairement systémique) qui participe à son tour à la pérennisation de la plaie. L’infection n’est pas le seul facteur de chronicisation de la plaie mais en est une cause qui peut être prévenue et traitée une fois diagnostiquée.

 

La microbiologie des plaies persistantes est généralement polymicrobienne, comprenant des  microorganismes virulents mais également des commensaux de la flore cutanée, l’ensemble  participant à l’évolution de la plaie vers l’infection selon des processus complexes non complètement élucidés.  

La constitution de biofilms polymicrobiens entraîne au niveau de la plaie et des tissus profonds adjacents un environnement inflammatoire chronique de plus en plus souvent décrit comme une « infection chronique liée aux biofilms ». La détection précoce de ces situations (par exemple par le TILI score récemment proposé) pourrait permettre une prise en charge plus efficace bien que le meilleur traitement de ces infections ne soit toujours pas clairement établi.  

Plaies non cicatrisables
Isabelle Fromantin (Paris)

La littérature internationale mentionne depuis quelques années déjà les « non healing wounds ».  En France, ces plaies sont assimilées aux plaies chroniques ou associées à la phase palliative ou terminale d’une maladie.

Cette communication explore de façon non exhaustive quelques une de ces plaies persistantes dont il faut prendre soin afin d’éviter les complications et conserver tant que possible la qualité de vie des patients qui les portent.

Les innovations futures permettront peut-être d’améliorer ou faire cicatriser ces plaies. C’est aussi dans cette optique que des recherches translationnelles, réunissant cliniciens et chercheurs, doivent être menées.